La Mule Film Streaming

La Mule en Streaming VF
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Titre original : The Mule
Titre français : La Mule
Réalisateur : Clint Eastwood
Scénario : Nick Schenk, basé sur un article de Sam Dolnick dans The New York Times Magazine intitulé The Sinaloa Cartel’s 90-Year-Old Drug Mule
Direction artistique : Julien Pougnier
Décors : Ronald R. Reiss
Costumes : Matthew Jerome
Photographie : Yves Bélanger
Montage : Joel Cox
Musique : Arturo Sandoval
Production : Clint Eastwood, Dan Friedkin, Bradley Thomas, Tim Moore, Kristina Rivera et Jessica Meier
Sociétés de production : Malpaso Productions, Warner Bros. Pictures et Imperative Entertainment (coproduction)
Sociétés de distribution : Warner Bros. Pictures (États-Unis, France)
Pays d’origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue originale : anglais
Budget : 50 millions de dollars3
Format : couleur
Genre : drame biographique
Durée : 116 minutes

https://cinemafra.com/movie/504172/the-mule.html

Synopsis
Earl Stone, vétéran de la Guerre de Corée et ancien horticulteur, est aujourd’hui âgé de 90 ans. Endetté jusqu’au cou et sans perspective réelle d’emploi, il accepte un « job » particulièrement facile et lucratif : celui de chauffeur. On lui demande seulement de faire du transport de drogue avec l’aide de son pickup, pour le compte d’un cartel de la drogue mexicain : un go fast apaisé, pense-t-il. Mais alors que ses factures passent au rayon des mauvais souvenirs, le poids de son passé refait surface : aider la famille, et les amis… Et il va falloir faire vite, car Colin Bates, agent de la DEA, se met à traquer ce passeur efficace.

Bande d’annonce : La Mule Streaming VF

« La Mule » : le crépuscule enchanté de Clint Eastwood

A 88 ans, l’acteur et cinéaste américain s’abandonne au plaisir contagieux de la comédie, devant et derrière la caméra.

Clint Eastwood a fêté son 88e anniversaire le 31 mai 2018, deux mois avant le début du tournage de La Mule qu’il a réalisé et interprété. La dernière fois qu’il s’était trouvé à la fois devant et derrière la caméra, sur le plateau de Gran Torino, c’était un jeune homme de 77 ans.
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Earl Stone, le protagoniste de La Mule est un peu le jumeau maléfique de Walt Kowalski, le héros de Gran Torino. Comme lui, c’est un ancien combattant de la guerre de Corée qui habite dans un Midwest ravagé par la désindustrialisation (le Michigan pour Kowalski, l’Illinois pour Stone) ; comme lui, il décide d’aider les jeunes d’une communauté issue de l’immigration. Mais plutôt que d’apporter son soutien aux Hmong contre le racket des gangs, Earl Stone se fait mule pour un cartel de narcotrafiquants mexicains, acheminant des centaines de kilos de cocaïne sur le plateau de son pick-up, du Texas à Chicago.Inspiré du personnage de Leo Sharp, condamné à trois ans de prison pour avoir été arrêté en possession de 104 kg de cocaïne à l’âge de 87 ans, Earl Stone est l’une des plus belles créations d’Eastwood, un caractère comique ombré de contradictions, dont la trajectoire spectaculaire, absurde et pourtant d’une logique irréfutable, éclaire les paysages qu’il traverse d’une lumière impitoyable. La mise en scène comme le jeu de Clint Eastwood trahissent le plaisir jamais assouvi que le vieil homme trouve encore à faire du cinéma. Et il suffit que le résultat soit projeté sur un écran pour que ce plaisir se communique à la salle.

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Comme son modèle, Earl Stone est horticulteur. A la fin des années 1990, il règne sans partage sur le circuit des hémérocalles, fleurs éphémères (en anglais elles s’appellent day lilies, « lys d’un jour ») qui offrent d’infinies possibilités d’hybridation. Dans les conventions qui réunissent amateurs et professionnels, Earl Stone affecte la gaucherie et l’élocution hésitante de James Stewart, pour le plus grand plaisir de ses admiratrices.

Exploit physique

Dix ans plus tard, comme une librairie, un label musical ou un journal, la petite entreprise du vieil homme a été réduite à néant par l’essor du commerce en ligne. A ce moment, Eastwood et son scénariste Nick Schenck (qui avait déjà écrit Gran Torino) enclenchent un double mécanisme : chassé du paradis horticole, Earl tente de réintégrer une famille (ex-épouse, fille et petite fille) qui le honnit pour sa négligence et sa pingrerie. Et comme il ne sait comment s’y prendre sinon à coups de dollars, le banni répond aux avances d’un sympathique jeune homme qui le met en contact avec un groupe d’importateurs.Le voilà dans un entrepôt de pneumatiques dans le désert texan, face au canon d’un fusil d’assaut, prié de charger quelques paquets et de les acheminer jusqu’à Chicago. Là-bas, l’agent Bates, de la Drug Enforcement Agency (Bradley Cooper qui, après American Sniper, consolide ainsi sa place d’héritier potentiel de Clint Eastwood) se demande qui est cette nouvelle mule surnommée Tata (papa, en espagnol).Une part du plaisir permanent que l’on éprouve à la vision de La Mule tient à l’exploit physique accompli sous nos yeux. Le plus souvent, Clint Eastwood est dans le cadre, s’abandonnant au plaisir de la comédie avec une extraversion peu coutumière. Les décors – le sud-ouest des Etats-Unis, la région des Grands Lacs – filent paisiblement, à l’allure prudente, mais déterminée qu’impriment au film le pick-up et son chauffeur.

Une résignation amusée

La forme impressionnante de l’auteur-interprète l’autorise à aller bien au-delà du programme annoncé par le scénario – descente aux enfers et rédemption via la réconciliation familiale. On dirait presque qu’il coche les cases d’une « bucket list » (liste de choses à faire avant de casser sa pipe) d’acteur-réalisateur : une dernière séquence de sexe, une ultime bagarre, une dernière poursuite en voiture, pas trop vite. Plus essentiel est le regard que porte le cinéaste sur le pays que l’acteur sillonne : il ne le reconnaît plus, ne trouve plus les mots pour désigner les situations (d’où l’épisode délibérément embarrassant qui voit Earl Stone venir en aide à un couple d’automobilistes afro-américains qu’il appelle « my coloured friends ») et cette confusion est contagieuse.

Quand l’agent Bates arrête un automobiliste au volant d’un pick-up semblable à celui d’Earl Stone, l’homme répète sans cesse « ce sont les cinq minutes les plus dangereuses de ma vie ». Il y avait de ces étonnements dans les derniers films d’Eastwood, ils étaient formulés sur le registre de la colère, de l’indignation. Ils font place dans The Mule à une résignation amusée.

Les tribulations d’Earl Stone sont aussi l’occasion d’un voyage dans l’histoire de Clint Eastwood au cinéma. On y trouve des bandits mexicains caricaturaux, comme chez Sergio Leone (Andy Garcia se prête au jeu avec entrain), un policier austère (mais l’agent Bates est moins sanguinaire que Harry Callahan) et les routes de l’Ouest.

La musique irrigue ce corpus cinématographique : suivi par des sicarios du cartel qui l’écoutent à distance, Earl Stone écoute sur son autoradio des chansons hors d’âge à la grande exaspération des jeunes mexicains, jusqu’à ce que ceux-ci succombent au charme d’Ain’t That a Kick In the Head, par Dean Martin. L’Union est dans un état catastrophique, en lambeaux, mais ceux qui l’ont construite et ceux qui veulent la rejoindre peuvent se raccommoder autour d’un classique de Cahn et Van Heusen.

Alors que Clint Eastwood a souvent enveloppé ses films d’ambiances crépusculaires, The Mule est baigné de lumière. Le chef opérateur canadien Yves Bélanger, qui a collaboré avec Jean-Marc Vallée, tire un parti inattendu – pour un film d’Eastwood – du thème floral du scénario.

Quant au rythme, détendu, il marque un net ralentissement après la frénésie d’American Sniper et les expérimentations du 15 h 17 pour Paris, celui que prendrait un homme conscient qu’il ne lui reste plus beaucoup de chemin à parcourir et qui n’est pas pressé d’arriver au but.